Explication des lettres cursives

Publié le par Paul Cortès

Pourquoi expliquer les tracés des lettres en cursive? 

Il peut arriver, notamment en début de CP, que des élèves éprouvent des difficultés à comprendre les équivalences entre les typographies scriptes et cursives.

S'ils ont généralement bien mémorisé le graphème script d'un phonème (ou d'un nom de lettre), il n'en est pas toujours de même de son équivalent en caractère cursif.

La fiche ci-dessus aborde ce problème et propose des indications pour mettre en évidence les similitudes (visibles par chevauchements/superpositions) entre les apparences scriptes et cursives de quelques graphèmes bien spécifiques.

Il n'est ici question que de rappeler aux élèves quelques notions simples que nous omettons parfois de mentionner lors de nos séances d'écriture ou de transcription orthographique.

 

Intérêt des caractères cursifs. 

Les lettres en caractère script minuscule sont plus spécifiquement adaptées à la lecture, et bien moins à l’écriture manuscrite, pour les raisons suivantes:

En effet, au même titre que les lettres scriptes elles-mêmes, les écartements entre les lettres sont partie prenante du processus de décodage...et d'encodage.

- très rapprochés, ces écartements lient les lettres entre elles, dictent la fusion de leur phonème en syllabes puis en mots clairement identifiables. Les mots sont donc formés par des lettres serrées en paquets.

- moins rapprochés, ces écartements constituent une séparation, marquant une rupture momentanée du traitement phonologique et assurant ainsi la discrimination rapide des entités mots au sein des phrases.  

Le respect de la constance de ces écartements est donc primordial pour lire…et, à fortiori, pour écrire.

Or, un élève de CP, en prise à de multiples compétences à mobiliser lors de l’écriture (phonologiques, grapho-phonologiques, calligraphiques, spatiales, orthographiques,.. ) aura parfois du mal à tracer des lettres scriptes en conservant un écart constant et parfaitement maîtrisé (court pour lier, long pour séparer).

C’est en partie pour palier à cette difficulté, mais aussi pour assurer une écriture manuscrite fluide et rapide, que les caractères cursifs disposent d' attaches, permettant  ainsi de lier les lettres dans les mots sans aucune ambiguïté.

 

Phonèmes et noms des lettres.

Voici quelques évidences de plus à expliquer aux élèves à propos des lettres.

Les voyelles sont des lettres dont le nom et le son (phonème) se confondent; en général ces lettres ne posent pas de problème particulier, tant pour les nommer que  lors du traitement phonologique à leur appliquer durant la procédure de lecture. Les voyelles (comme on peut l'entendre dans le mot voyelle) permettent d'entendre notre belle voix; on peut les faire "chanter", et faire durer longuement leur son. 

Ce n'est pas le cas des consonnes dont le nom et le phonème diffèrent. Cette différence peut poser des problèmes à certains élèves qui veulent (à l'image des voyelles) fusionner des noms de consonnes entre elles...ce qui, bien évidemment ne permet pas de vocaliser des syllabes correctement.

Là aussi, ont peut expliquer aux élèves que les consonnes "sonnent court" (on peut dire aux élèves qu'autrefois on nommait ces lettres "court-sonnnes"), ces lettres doivent donc générer des sons courts, très courts...et qui ne sont pas toujours très agréables à entendre (à l'inverse des voyelles).

Cette petite liberté d'interprétation permet d'expliquer qu'il faut supprimer les /é/ derrière le nom des consonnes b, c, d, g, p, t, v pour prononcer leur phonème, ainsi que les /è/ devant le nom des consonnes f, l, m, n, r, s pour prononcer leur phonème.  

De manière générale, on peut expliquer que pour lire, seuls les sons (phonèmes) des lettres sont nécessaire. Il ne faut absolument pas utiliser le nom des lettres.

Le nom des lettres n'est nécessaire que lors de l'encodage, lorsqu'il est question de savoir quelle(s) lettre(s) sera - ou seront - nécessaire(s) à l'écriture de tel(s) ou tel(s) phonème. En résumé, on utilise le nom des consonnes uniquement pour épeler un phonème, une syllabe, ou un mot à transcrire, mais en aucun cas pour lire.

 

Remarque concernant l'écriture scripte capitale et le nom des lettres.

Généralement, en grande section de maternelle, c'est l'apprentissage des lettres scriptes, en capitales qui est privilégié, associées à la connaissance du nom de ces lettres, via la mémorisation de la récitation des lettres de l'alphabet.

Si, pour la plupart des élèves, ces connaissances sont parfaitement adaptées, elles peuvent néanmoins constituer un frein notionnel dans le sens où, certains élèves perçoivent difficilement les relations entre certaines lettres scriptes capitales (apprises en GS) et les lettres en scriptes minuscules et cursives qui s'apprennent en CP. Pour eux, ces transferts sont moins évidents qu'il n'y parait.

De ce fait, il peut être intéressant s'interroger sur l'opportunité  d'aborder, en GS, prioritairement l'apprentissage des phonogrammes (et non pas la dénomination des lettres), ceci en leur associant un tracé script minuscule (et non pas leur tracé en capital); ceci pour éviter des surcharges cognitives et faciliter l'entrée en lecture procédurale en début de CP. Rien n'empêche de nommer les lettres et de découvrir leur équivalent en capitale à posteriori, c'est à dire après l'entrée en lecture. D'autant plus que les caractères d'une lettre en scripte capitale, sont bien moins présents dans les textes, albums, ouvrages scolaires et autres corpus que les caractères en scripte minuscule...

En résumé, le nom des lettres et leur graphie en capitale n'ont pas d'utilité fondamentale pour apprendre à lire et à écrire lorsqu'on est un pré-lecteur de GS ou un apprenti lecteur de début de CP.

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