e) FICHES DE TRAVAIL EN LECTURE 1 à 4 : Décodage de base.

Publié par paul cortes

Je précise que cette progression est une réponse contextualisée, adaptée aux besoins spécifiques de petits groupes d’élèves de CP et de CE1 en difficulté dans leur classe ordinaire, ne pouvant bénéficier de l’aide d’un Maître E du RASED qu’à raison d’une à deux séances par semaine.

Cette progression a été conçue pour convenir aussi bien à des élèves de début de CP qu’à des élèves de CE1, voire CE2.
On peut la suivre rigoureusement ou n’exploiter ponctuellement que les fiches comportant des graphies ou l'application de préocédures de décodage posant des problèmes spécifiques aux élève.

Principes de la progression  

Cette progression comporte 28 fiches proposant des exercices structuraux qu’il est impératif de compléter :

  • par des moments d’écriture de lettres, de syllabes et de mots afin de structurer la calligraphie et la procédure d’encodage.
  • par des activités plus ludiques (jeux de lecture de lettres, de syllabes de 2 ou 3 lettres, de digrammes et trigrammes, de mots simples ou complexes…).
  • au moment opportun, (lorsque les capacités de décodage des élèves le permettent) par des activités de lecture en situation (lecture d’albums, de textesdivers, de questionnaires,…) afin de favoriser la fluence, le plaisir de lire et la recherche de signification…).

Pour rompre avec des conceptualisations et des habitudes de pseudo-lecture inopérantes, au bénéfice d’une stratégie de lecture par la voie indirecte, ces fiches ne comportent ni les dessins, ni les historiettes (avec des personnages récurrents) que l'on trouve habituellement dans les manuels de lecture. Les élèves ne peuvent donc pas s’y référer et user de stratégies contextuelles de contournement pour construire la signification de ce qui est écrit (mise en rapport image/texte, repérage d’indices graphiques, reconnaissance globale de mots, devinements, anticipations hasardeuses). Il s’agit d'inciter les élèves à ne plus faire l’économie de cette coûteuse mais indispensable procédure qu’est le décodage phonologique. De ce fait, et jusqu'à ce que la procédure de décodage de base soit automatisée, c'est d'abord le fastidieux effort que nécessite la focalisation sur chacune des lettres d'un mot,, afin de leur faire subir le traitement phonologique attendu, qui est visé. Les élèves doivent comprendre que lire constitue est un effort individuel fondé sur ce  qu’ils voient, et non ce qu’ils croient.“. Ce sont les lettres qui commandent ce que l'on doit dire et comprendre. On ne peut donc savoir "comment dire" et "savoir ce que veut dire" un mot seulement après qu'on soit arrivé à sa dernière lettre.

Ainsi, tout au long de la progression, les fiches ne présenteront jamais de mots comportant des combinaisons de lettres que les élèves ne soient en mesure de décoder. Cela concerne aussi les petits mots-outils. Donc, rien ne peut laisser présager de la signification de tous les écrits auxquels vont être confrontés les élèves. En résumé, seul le décodage doit être à l'origine de la vocalisation de mots signifiants.

La signification des mots décodés 
La composition de ces fiches intègre une progression - graduée en difficultés - d’exercices de lecture : d’abord de syllabes, puis de mots simples, puis de mots complexes comportant des changements de valeurs sonores de lettres, et pour finir, de phrases.

La signification des phrases et des mots sera chaque fois demandée aux élèves. Tout mot vocalisé doit être compris (soit par l'élève qui en possède la signification, soit après que l'enseignat ait expliqué sa signification. A l'inverse,la non-perception de la signification d’un mot vocalisé doit apparaître pour l'élève:

  • soit comme le résultat d'une lecture erronée, auquel cas l'élève est invité à une relecture-reformulation afin de retouver la bonne identité sonore du mot et d'y accoler son identité sémantique (s'il la connaît).
  • soit comme une méconnaissance lexicale, auquel cas l'enseignant explique sa signification (à la condition que celui-ci ait été préalablement correctement décodé).

La recherche de sens se doit d’être perçue comme l’objet de la lecture :“On lit pour comprendre”. La compréhension de la signification d’un mot vocalisé doit donc valider (ou non) la justesse du décodage. 

Les difficultés de la progression

Cette progression débute par la mémorisation de voyelles et des lettres é et è, puis par l'acquisition des capacité de fusion de phonogrammes en respectant l’ordre des lettres par rapport au sens de lecture, puis par l'application du processus de décodage de base permettant de lire des petits mots nécessitant la mémorisation de de 2/3 syllabes "simples" :

  • d’abord comportant deux lettres (consonne + voyelle, puis voyelle + consonne).
  •  puis comportant trois lettres (consonne + voyelle + consonne, puis consonne + consonne + voyelle).

Chaque nouvelle fiche est l’objet de l'apprentissage d’une nouvelle consonne ainsi que l’étude de combinaisons particulières de lettres (la lettre e devant deux consonnes identiques, er en fin de mot…).
Le repérage de ces combinaisons de lettres sera l’objet de nombreux exercices spécifiques qui se répèteront régulièrement (avec chaque fois des mots nouveaux différents), jusqu’à tendre, ici aussi, à l’automatisation de leur lecture.

La finalité structurante liée à la répétition de lecture mots chaque fois différents, mais comportant les mêmes graphèmes particuliers (er en fin de mot, e devant deux consonnes jumelles..), accompagnée du recours constant à des référents visuels, favorise lentement leur mémorisation orthographique et l'automatisation de leur reconnaissance.

A l'issue d'un certains nombre de séances, nombre d'élèves sont en passe de maîtriser les processus de décodage de base et commencent généralement à pouvoir tirer plus efficacement profit des apprentissages proposés par l’enseignant de leur classe d’origine. Il est alors temps d’introduire l’apprentissage les digrammes (an ai au, en ei eu, on oi ou, in io) par le biais de petits jeux favorisant leur mémorisation et leur reconnaissance directe. (les cartons des digrammes).
Suivront selon le même principe la reconnaissance des trigrammes (ain, ein, eau, oin, oeu, ion, ien). Puis viendront l’étude des valeurs des lettres c et g, ainsi que d’autres combinaisons plus complexes.

Principes de la mise en page des fiches de lecture :
Du fait que la difficulté de mémorisation (à long terme, à court terme, et en mémore de travail) est un problème majeur, les fiches ont été élaborées de telle sorte que les ’élèves puissent y retrouver une réduction de l’affichage mnémotechnique qui devrait être présent sur les murs de la salle de travail affectée au RASED (lorsque celeci existe). Ainsi :

  • La marge horizontale au haut de la fiche, présente les aides mnémotechniques concernant les graphèmes déjà étudiés dans les fiches précédentes. Ces affichettes permettent aussi de visualiser des “règles” de lecture qu’il est important de rappeler (en les faisant énoncer par les élèves eux-mêmes) en début de chaque séance de travail.
  • La marge verticale présente des aides concernant généralement les nouvelles notions abordées. Ces aides sont toujours placées vis à vis de leur exercice d’application.

Avant chaque lecture de fiche, il est important de rappeller les "règles" qui seront abordées. Il peut être intéressant de repasser au surligneur fluo sur les lettres des petits panneaux présents dans les marges des fiches afin de focaliser plus facilement l'attention des élèves sur leurs problèmes récurrents ou sur toutes les nouvelles graphies (lettres et règles) qu'ils ont à mémoriser . 

Chaque exercice de lecture est précédé de sa consigne (écrite en petits caractères) que l’enseignant énoncera clairement aux élèves.

Principe des séances de travail :

Jusqu’à l’acquisition des procédures de base du décodage syllabique, il est important d'amorcer les séances par des activités de lecture qui soient ludiques (phonologie, lecture commune et commentée d'albums, jeux de lecture de lettres et de syllabes sur parcours, concours de lecture de mots écrits sur des cartons).
Bien souvent, en début de séance, je remplace les relectures des syllabes et des mots déjà lus sur les fiches de lecture lors des séances précédentes par la lecture de ces mêmes syllabes et de ces mêmes mots, mais que je leur présente cette fois sur des petits cartons. Ce procédé  me permet de contrôler leurs capacités de lecture de façon attractive en animant une sorte de "jeu-concours de lecture" où chaque mot correctement décodé rapporte un point. 

L'encodage :

Il est primordial que chaque séance intègre un moment d’écriture où les élèves sont invités à  retranscrire en lettres cursives sur les lignes de leur cahier, des syllabes, des mots, voire des syntagmes ou des phrases.
Ce travail d'encodage (des sons vers les lettres) doit apparaître pour les élèves comme l'indispensable pendant de la lecture (des lettres vers les sons). Le fait de chercher à développer simultanément ces deux aptitudes complémentaires ne peux que les nourrir l'une l'autre. En effet, l'approche phono-graphémique de l'encodage implique elle aussi une activité procédurale complexe qui doit être structurée tout autant que le décodage. Il n'est en effet pas aisé de respecter la procédure qui consiste à découper des mots en syllabes, puis à identifier et ordonner les phonèmes qui les composent, puis à retranscrire chacune(s) de leur(s) lettre(s).

En complément des fiches de lecture :
Quand les élèves disposent des capacités de décodage de base, il est important de leur permettre de mettre leurs capacités au service de la lecture d’albums, ceci afin de développer concomitamment toutes les autres compétences permettant de construire du sens (recherches d’indices extra et intra textuels, anticipation/vérification, inférences, reconnaissance orthographique,…) et surtout de développer le plaisir de lirePour ce faire, un outil comme l'Aide-mémoire au décodage pourra être utilisée pour permettre aux élèves d’acquérir un peu plus d’autonomie. Cette fiche pourra aussi être présentée aux enseignants des classes ordinaires pour qu'ils incitent leurs élèves en difficulté à s’y référer.

Evolutions des élèves :

Bien que la progression se veuille structurante, ses effets sont souvent atténuées ou perturbés par de nombreuses difficultés "ajoutées" (conceptuelles, comportementale, psychologiques, cognitives, culturelles, sociales...).
Il en résulte que les évolutions des élèves sont extrêmement différentes et rarement linéaires. Ceci d'autant plus que des stagnations (des paliers) suivies d'évolutions brutales (des montées de marches) sont très fréquentes et souvent.... difficilement prévisibles.
Il faudra parfois assurer un suivi sur plusieurs années pour que certains élèves atteignent un degré d'automatisation du décodage et un niveau de compréhension acceptables. Entre temps, patience et persévérance...d'autant que certains de nos élèves sont atteints de difficultés handicapantes subodorées ou avérées.

En cliquant sur la fiche 4, vous pourrez la télécharger en format PDF afin d'avoir un aperçu en taille réelle de la totalité des fiches de lecture.

Fiches de 1 à 4 : mémorisation des voyelles + é/è, fusion des phonèmes en syllabes de deux puis de trois lettres, respect de l'ordre de lettres, association des syllabes en mots et des mots en phrase.


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